Premiers enregistrements

Album paru le 27 September 2011 chez APR en Classique : Du début des années 1970 jusqu'à sa mort, le pianiste cubian Jorge Bolet a émergé comme l'un des tout meilleurs pianistes et l'un des derniers représentants d'une grande tradition romantique, aux côtés de Cherkassky, Horowitz et Earl Wild. En tant qu'èlève de David Saperton, il a pu jouer devant Godowsky et Josef Hofmann dès ses débuts, et finalement ses premières années sont peu connues. Pour la première fois APR propose les quatre LP des années 50, ainsi que le premier album totalement inédit (musique latino-américaine), mais aussi le premier enregistrement historique du Second Concerto pour piano, qui figure encore aujourd'hui comme une référence insurpassable. Œuvres de Saint-Saëns, Mendelssohn, Liszt, Beethoven, Lecuona, Granados, Albéniz, Prokofiev & Chopin / Jorge Bolet, piano Même les plus grands Bolets commencent un jour comme tendre mycélium ; voici donc les premiers enregistrements du pianiste cubain, réalisés en 1952 et 53. Le premier des deux CDs rassemble une belle poignée de bonbons, des œuvres souvent isolées d’une virtuosité ébouriffantes – et Bolet fut l’un des plus stupéfiants virtuoses de tous les temps – mais auxquelles il sait restituer tout leur réel contenu musical derrière la barrière technique et pianistique. Il est fort regrettable que cette facilité technique, loin de le servir, lui a fermé moult portes car on l’accusait – bien à tort – de n’être qu’un virtuose ! L’écoute des Funérailles de Liszt, des Danses espagnoles de Granados ou même de la très complexe Malagueña d’Albéniz sauront convaincre les plus incrédules.     Le second CD de l’album comporte en particulier le Second concerto de Prokofiev, la première mondiale discographique de l’ouvrage, réalisée en 1953. Longtemps, Bolet et Prokofiev lui-même furent les seuls champions de ce concerto. Koussevitzky et Mitropoulos invitèrent d’ailleurs le pianiste à le donner sous leur direction – mais les deux chefs moururent quelques mois avant les concerts prévus ! Dommage, car la carrière internationale de Bolet ne décolla réellement que dans les années 70, vingt ans plus tard… L’album s’achève sur une superbe vision des quatre Scherzos de Chopin, où encore une fois Bolet surfe sur la pure virtuosité pour en dégager l’âme musicale, trop souvent négligée par tant de pianistes qui se limitent à des feux d’artifices digitaux. On remarquera en particulier son usage plus que discret de la pédale, ce qui lui permet de dégager la plus exquise transparence sonore.

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